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L’école à la maison, une institution divine : un livre d’actualité !

Prêtre du XIXe siècle originaire d’Aveyron, l’abbé Eugène Roquette a écrit des ouvrages sur la famille, le droit canonique et la politique chrétienne.

Ici, le recueil L’école à la maison, une institution divine reprend ses meilleures pages consacrées au rôle des parents dans l’éducation, l’instruction et l’enseignement des enfants.

Le père, en tant qu’auteur de ses enfants, est le seul à avoir sur eux une autorité naturelle ; tandis que la famille est la seule « école » que Dieu ait directement créée.

« La famille, voilà donc l’école naturelle de l’enfant, l’école providentielle, divine, nécessaire, obligatoire, le moule où il doit recevoir l’empreinte et se former. Toute autre école est arbitraire, factice, artificielle ; c’est élever un enfant au biberon quand les mamelles de la mère sont gonflées de lait, c’est jouer sa vie morale, je veux dire son éducation, et l’éducation comprend, on vient de le voir, le corps, l’esprit et l’âme, et si la pratique nous montre que la plupart des enfants élevés au biberon périssent de corps, cette même pratique nous montre bien mieux encore que la plupart des enfants élevés artificiellement hors de la maison paternelle périssent de corps, d’esprit et d’âme, c’est-à-dire perdent la santé, les principes et la grâce.


» D’où vient, en effet, notre triste, notre lamentable état social, sinon du lamentable état moral de nos classes dirigeantes, et par celles-ci de nos classes dirigées ? Et d’où vient cet état des classes dirigeantes sinon des éducations exotiques, artificielles, mercenaires ? C’est le biberon au lieu du sein maternel, c’est l’éducation inventée par l’homme substituée à l’éducation inventée par Dieu. Ces jeunes âmes reçoivent une fausse nourriture, et trop souvent un véritable poison au lieu de nourriture ; comment pourraient-elles vivre ? Elles périssent donc, et les parents étonnés s’écrient en voyant des enfants qui n’ont plus la candeur, la simplicité, la grâce, la docilité de l’enfance, mais bien la hardiesse, l’arrogance précoce de l’homme manqué : il n’y a plus d’enfants. Cela est vrai, mais pourquoi ? Parce que depuis longtemps il n’y a plus de pères, plus de parents. »

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Dans la montagne, le chef-d’œuvre de J. M. de Pereda, est disponible !

Préface de René Bazin. Traduction d’Henri Collet et Maurice Perrin.

Le roman, très réaliste et non sans rapports avec l’auteur, se déroule dans la cordillère Cantabrique, dans un petit village où perdure la société traditionnelle de l’Espagne du xixe siècle, autour du curé et du petit hidalgo local. Son héritier, son neveu, arrive de Madrid pour faire connaissance avec son oncle… et les lieux, si escarpés, si enclavés. Parviendra-t-il à s’y faire ? Qu’y découvrira-t-il d’attachant ?

Un grand roman catholique et hispanique, que l’académicien René Bazin (qui s’est hâté de rencontrer, lors de son premier voyage en Espagne, José María de Pereda qui était alors en train d’écrire Dans la montagne) a salué de cette façon :

« Un critique a pu dire de Peñas Arriba [Dans la montagne], qu’une telle œuvre “enrichissait la littérature européenne”. Le jugement n’était pas une flatterie. On peut le répéter, maintenant que José María de Pereda a disparu de ce monde. Je souhaite vivement que la traduction […] se répande dans le public français ; qu’elle fasse pénétrer dans les bibliothèques de chez nous un grand livre d’un pays voisin ; qu’elle aide aussi nos compatriotes à comprendre mieux, à estimer encore plus, ce solide peuple espagnol, qu’on voit agir dans cette œuvre toute pétrie de vérité. Quand on a dit qu’il est chevaleresque, on n’a pas tout dit. »

« Si vous ouvrez Peñas Arriba, vous serez frappé du large caractère du début. C’est d’abord la dédicace : “À la sainte mémoire de mon fils, Jean Manuel”, et les mots qui suivent : “Vers le dernier tiers du brouillon de ce livre, il est une croix et une date entre deux mots. Pour l’ordinaire curiosité des hommes, ces signes rouges n’auraient pas grande importance ; et cependant Dieu et moi nous savons que, dans le misérable espace qu’ils remplissent, tient l’abîme qui sépare mon présent de mon passé.” C’est ensuite le récit de l’arrivée de Don Marcelo chez son oncle Don Celso, le vieux seigneur de la montagne. On entre dans cette histoire, comme dans la cour d’honneur d’une habitation ancienne, par un portique de haute architecture, que le temps menace, on ne le voit que trop, mais dont la ruine encore peut être relevée. Et le roman ne va pas à une autre fin : il montre ce qu’a été, ce qu’est la casa solar d’un gentilhomme de la montagne de Santander, la maison accueillante, non seulement aux pauvres, qui ne sont qu’une petite partie de nos frères, mais à toutes les familles du village, la maison conseillère et consolatrice, la maison indulgente et secourable, la maison où le prochain est aimé par la seule raison qui vaille et qui dure, l’amour de Dieu ; il nous la présente au moment où le maître, vieux et malade, va la quitter pour jamais ; il y fait revenir le dernier héritier des Ruiz de Bejos, homme du monde, homme de la grande ville ; il raconte comment, peu à peu, la montagne fait la conquête du citadin, et s’assure un nouvel ami, qui continuera l’ancien.

» La campagne aura-t-elle des riches, et quels riches l’habiteront, ou, plus exactement — car ici la richesse n’est qu’un élément secondaire —, existera-t-il une aristocratie rurale, telle qu’on l’a connue, dans les montagnes de Santander, aristocratie ouverte, cela va sans dire, soucieuse du progrès de l’agriculture et du bien-être des paysans, vivant au milieu d’eux, persuadée d’abord qu’elle a une mission d’exemple et de paternité : voilà le problème. Il n’intéresse pas seulement la province de Santander, pas seulement l’Espagne : en plusieurs pays d’Europe, le moyen ou le grand propriétaire a cessé de résider dans ses terres ; son influence a disparu ; d’autres l’ont remplacée ; il semble bien que l’expérience soit complète, et qu’on aperçoive, à sa lumière, une sorte de loi de la paix publique. Si la campagne est partagée uniquement entre des petits propriétaires et des fermiers, cette société imparfaite n’aura pas d’équilibre et sera travaillée par de terribles dissensions, car il n’y a pire jalousie qu’entre les gens à peu près égaux ; si elle est habitée par un riche qui ne soit qu’un homme politique, elle se corrompra ; si elle est habitée par un oisif, même dépensier, même généreux, elle deviendra hostile : elle ne connaîtra le repos et une certaine douceur de vivre que si une famille plus riche et plus instruite que les autres, libérale de sa fortune et surtout de son temps, fait son premier devoir de l’aimer et de la servir.

» Le romancier espagnol avait parfaitement vu l’ampleur d’un tel sujet ; il avait conscience de parler pour son pays et pour d’autres. Lorsque j’eus l’honneur d’être reçu par lui, dans sa belle villa de Polanco, en septembre 1894, il me dit, après avoir jugé ses émules avec la bienveillance et la fermeté d’un grand esprit : “Je travaille, en ce moment, à composer un livre où je peins les mœurs de la montagne, des cimes, là-haut — c’était Peñas Arriba. Mes récits ont des cadres de ce pays, mais les scènes, la psychologie, sont d’un monde bien plus étendu, et, par là, je me rattache au roman général.” »

— René Bazin dans la préface de la traduction française de Dans la montagne

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Les Noellet, de Bazin, sont sortis !

Le quatrième livre et roman de René Bazin prend place en Anjou, dans les Mauges. Les Noellet forment une famille de petits paysans propriétaires, au cœur d’une société traditionnelle et dans le voisinage d’un domaine dont les riches habitants passent la plus grande partie de leur temps en ville.

Des personnages fuient leur devoir ; d’autres s’y soumettent courageusement. L’histoire est grave, mais aussi sérieuse que réaliste.

« La métayère et ses filles s’étaient placées au premier rang, le long de la grille. Et, quand le régiment défila pour se rendre au champ de manœuvres, elles cherchèrent à découvrir Jacques. Mais les soldats, tout habillés de rouge et de bleu, se ressemblaient trop, ils marchaient trop vite. À peine avait-on le temps de parcourir d’un coup d’œil tous les visages d’une même ligne. Comment découvrir même un si cher ami, dans ce flot mouvant ? Marie et la mère Noellet y renoncèrent bientôt, éblouies par cette succession fatigante de couleurs vives. Antoinette, au contraire, continua de regarder. Elle aimait ses frères d’une tendresse à part, elle était leur préférée, elle voulait voir Jacques. Et voilà que, vers le milieu du défilé, un adjudant dit à demi voix, tout près d’elle : “Numéro 7, voulez-vous trois jours de consigne pour vous apprendre à porter votre fusil ?” Elle suivit le geste du sous-officier et le mouvement de tête des camarades qui désignaient l’homme. Son cœur se serra. Le numéro 7, une figure encore rose, mais amaigrie, de grands yeux bleus cernés, les épaules voûtées, un être souffrant, qui n’avait du soldat que l’uniforme et l’obéissance peureuse, c’était Jacques, le frère, le fils aimé, celui dont le père attendait encore un aide dans l’avenir !
Comme il avait changé !

– Pauvre gars, dit un gamin près d’Antoinette, il n’en a pas pour longtemps dans le ventre ! »

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Avis de publication : « Les Villes d’or », de Louis Bertrand

Le titre pourrait laisser rêveur : l’on serait presque en droit de s’attendre à un roman, comme Louis Bertrand – membre de l’Académie française – savait si bien en écrire, à l’instar de L’Infante.

Les (rares) connaisseurs du sujet auront peut-être bien visualisé à l’avance ce dont il s’agit dans cet ouvrage, sous le soleil de plomb et les sables lumineux du désert, de ses lisières et du littoral nord-africain de la mer Méditerranée. C’est le sous-titre du livre qui vend le morceau : Algérie et Tunisie romaines.

Dans les années 1920, il pouvait y avoir un intérêt « colonial » à légitimer la présence française en Afrique du Nord par l’antécédence de la Latinité bien avant l’islam, les Arabes et les Turcs ; mais L. Bertrand n’est pas homme à entrer dans les vues du ministère. Ce sont ses périples sur le terrain, ses visites, ses découvertes et la passion qui lui dictent des descriptions archéologiques, historiques et sociologiques merveilleuses, très convaincantes.

Il ne pouvait guère s’en douter à l’époque, mais certains paragraphes qu’il écrivait au sujet de l’Empire romain finissant ou des Byzantins revenus pour un temps semblent autant d’avertissements pour nous autres décadents :

« Dans une société bourgeoise comme la nôtre, sans cesse menacée de ramollissement par excès de bien-être ou de sentimentalité humanitaire, il est bon d’avoir à sa porte une zone de vie rude et souvent troublée, où l’on réapprend le sens du Barbare et de l’Ennemi. Le voisinage d’une humanité rudimentaire, sauvage, violente, difficile à pénétrer, est une perpétuelle et salutaire leçon de psychologie pour le civilisé utopique et surtout pour le Français qui, invinciblement, se figure d’après lui-même le reste de l’univers. »

« […] Toute cette partie de la ville antique est encore mal désencombrée. La forteresse byzantine qui est venue s’étaler sur l’acropole de Thugga, qui étranglait entre ses murailles massives les temples, les échoppes et les portiques du forum – et cela avec un beau mépris du plan primitif, en écrasant et en brisant tout autour d’elle –, cet affreux tas de pierres est toujours, en partie, debout. Rien n’excite la mauvaise humeur du passant comme la survivance de ces bâtisses parasites et misérables, qui symbolisent en quelque façon le rétrécissement de l’Empire arrivé à l’extrême période de sa décadence. C’est quelque chose d’étriqué, de compact, de ramassé sur soi-même en une attitude de défense manifestement craintive. L’Empire, à cette basse époque, a cessé de rayonner au-dehors. Enfermé dans un cercle de plus en plus restreint, il ne songe qu’à sauver, ou à prolonger sa vie. Nul souci de beauté. Il ne s’agit que d’opposer à la ruée de l’agresseur un front de résistance, une barrière difficile à percer ou à franchir. Pour dresser des obstacles de ce genre tout est bon au mercenaire et à l’ingénieur de Byzance : débris de statues et d’inscriptions, blocs de marbre arrachés aux temples et aux arcs de triomphe, il utilise tout, il entasse pêle-mêle et il encastre tout cela dans la muraille grossière derrière laquelle il abrite sa peur. Il achève les dévastations des Vandales, qui, avec les nomades, ont commencé la ruine des cités africaines. Ces derniers des Romains se conduisent comme les pires barbares. »

« Ce que les hordes asiatiques ont fait de Thélepte et de Carthage, elles peuvent le recommencer ailleurs, demain, si nous n’y prenons garde. Ce qu’il advient quand on ne sait plus repousser le Barbare, Carthage et Thélepte nous l’apprennent. Ils sont venus, ils ont pillé, brûlé, saccagé, et ils s’en sont allés, ne laissant derrière eux que des pans de murs ou des maisons vides. […] Le vivant de la veille est devenu tout à coup un mort. Les gens qui habitaient là, occupés, comme nous, de sciences, d’arts, d’idées, de choses belles et passionnantes, sont entrés brusquement dans la nuit ; les choses dont ils étaient si fiers sont devenus un fatras inutile et quelque peu ridicule, dont on ne sait plus l’usage, ni le sens – de l’archéologie, une pincée de cendres sur lesquelles peut-être quelqu’un viendra souffler dans des millénaires, ou qui sombreront dans l’oubli et qui seront dispersées, anéanties à tout jamais… »

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Avis de parution : « Une tache d’encre », de René Bazin

Il était indisponible depuis des décennies, et pourtant c’est le livre qui confirma le lancement de René Bazin en tant que romancier et qui lui valut la célébrité.

Une tache d’encre, c’est un roman amusant et enlevé, que l’on pourrait agréablement adapter pour le théâtre ou au cinéma, récompensé par l’Académie française. Cela faisait que le troisième roman de R. Bazin, et le second seulement qu’il signait directement de son vrai nom, le propulsait vers les sommets des gloires littéraires.

Plusieurs rééditions s’enchaînèrent alors… puis plus rien, sort également subi par un certain nombre de titres de cette plume pourtant si alerte, mais peut-être trop bonne et traditionnelle pour avoir droit de cité dans l’Instruction publique, l’Éducation nationale et l’Enseignement supérieur.

Nous vous proposons un petit extrait pour vous faire monter l’eau à la bouche :

« Tantôt il frappait avec l’index la pièce à conviction, tantôt il me désignait en se détournant à moitié, et je devinais, sans rien entendre, toute l’âpreté des termes dont il usait contre moi. Le conservateur me parut ému. Je me sentais rougir. “Il doit y avoir, pensais-je, une loi contre les taches d’encre, un décret, un règlement, quelque chose qui protège l’incunable. Et la sanction doit être terrible, puisque ce sont des savants qui l’ont faite : l’expulsion sans doute, en outre de l’amende, une amende énorme. Ils sont en train de me dévaliser là-bas. Ce cahier qu’ils compulsent est évidemment le catalogue de la vente où ce trésor fut acheté. Je vais rembourser l’incunable. Ô mon oncle Mouillard !”
J’en étais là de mes tristes pensées, lorsqu’un garçon de salle, que je n’avais pas vu s’approcher, me toucha l’épaule :
— M. le conservateur vous demande.
Je me levai, et j’allai. Le terrible lecteur avait regagné sa place.
— C’est vous, monsieur, qui avez taché l’in-folio ?
— Oui, monsieur.
— Vous ne l’avez pas fait avec intention ?
— Certes non, monsieur, je regrette beaucoup l’accident.
— Vous avez raison. Le volume est des plus rares ; et la tache aussi, d’ailleurs : on ne tache pas de cette façon-là !
J’allais répondre : “On tache comme on peut” ; mais je me contins.
— Veuillez me laisser vos noms, profession et domicile.
J’écrivis : Fabien-Jean-Jacques Mouillard, avocat, 91, rue de Rennes.
— Est-ce tout ? demandai-je.
— Oui, monsieur, tout pour le moment. Mais je vous préviens que M. Charnot est fort mécontent. Il serait à propos de lui faire des excuses.
— M. Charnot ?
— C’est le membre de l’Institut qui lisait l’incunable. […]
Il faut faire des excuses. Voyons, que lui dirais-je à M. Charnot ? En réalité, c’est à l’incunable que je devrais des excuses. Je n’ai pas taché M. Charnot ; faux-col et manchettes, il est immaculé ; le pâté, les éclaboussures, tout a été pour l’incunable. Je lui dirai : “Monsieur, je regrette vivement de vous avoir si malheureusement troublé dans vos savantes recherches.” “Savantes recherches” le flattera. Ce sera un puissant lénitif. »

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Le Socialisme, de l’abbé Jaime Balmes, est paru !

Avant Karl Marx et le succès malheureux de ces doctrines, rares étaient les penseurs à avoir sonné l’alarme contre les dangers du socialisme.

L’abbé Jaime Balmes (1810-1849) fut de ces rares visionnaires à avoir alerté sur les risques encourus par les sociétés, en un temps où le socialisme actif se résumait presque uniquement aux courants d’Owen. Balmes y devinait un possible, et terrible, châtiment pour des peuples par trop ingrats.

L’auteur analyse cependant bien plus largement le socialisme, et même l’Utopie de Thomas More, le faisant reposer en dernière analyse sur l’horizontalité et le désir de jouir sur cette terre, par exclusion de l’au-delà.

« Le socialisme, ou bien cette école de philosophie qui se propose de détruire l’ordre social actuellement existant, pour le reconstruire sur des bases nouvelles et d’après un autre plan, est un objet digne de fixer l’attention de tous les hommes qui pensent, qui ont quelque amour pour l’humanité. On se tromperait étrangement en effet si l’on regardait ces novateurs comme les misérables jouets d’un fanatisme aveugle, qui, jetés en dehors de toutes les voies par un orgueil insensé, ne laissent après eux aucune trace de leur passage. Il est certain qu’on n’a réalisé nulle part, qu’il est même impossible de réaliser leurs systèmes, qu’ils se sont renfermés jusqu’à ce jour et que probablement ils se renfermeront encore pour longtemps dans la sphère de la spéculation et de la théorie ; mais la semence qu’ils jettent à tous les vents de l’opinion tombe au hasard sur une terre qui la reçoit avec avidité et qui peut la féconder, il faut savoir le reconnaître, le jour où la Providence aura résolu de déchaîner sur le monde des bouleversements jusqu’alors inconnus » (abbé Jaime Balmes).

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Publication de la « Restauration française », par Antoine Blanc de Saint-Bonnet

Sortie à la suite de la révolution de 1848, ce livre de la Restauration française fit beaucoup parler de lui en son temps, et encore à l’occasion de rééditions, notamment après la défaite de 1870 et la Commune de Paris.

Des auteurs aussi différents que Nettement, Barbey d’Aurevilly et Baudelaire en ont fait leurs délices. Bien des pages résonnent d’une prodigieuse actualité, quand d’autres se sont avérées – malheureusement pour nous – prophétiques…

Ce livre d’économie avant l’heure, de philosophie et de politique, rédigé comme par un penseur prophète, rappellera les hommes à leurs devoirs.

« La démocratie triomphe, et je viens combattre la démocratie. Les aristocraties sont repoussées, et je viens dire que ce sont elles qui ont créé les nations. L’industrie, les banques, le crédit, les emprunts sont proclamés, et je viens dire qu’ils ruineront les peuples. Partout la fausse liberté et la Révolution s’annoncent, et je viens avec ma conscience seule combattre la Révolution » (Antoine Blanc de Saint-Bonnet).

« C’est le seul traité absolument victorieux de l’éternelle vérité contre les erreurs modernes ; c’est le coup de massue suscité par Dieu contre tous les apôtres de la Révolution. C’est le livre événement dans toute l’étendue du terme » (le journal légitimiste La Mode, le 21 juin 1851, au sujet de La Restauration française d’Antoine Blanc de Saint-Bonnet).

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Parution de « Ma tante Giron », de René Bazin

Après la réédition de Stéphanette, la première publication littéraire de René Bazin, il était logique que nous procédions à celle de Ma tante Giron, deuxième roman en date du célèbre auteur angevin et le premier qu’il ait directement publié de son vrai nom.

Ma tante Giron étonne par la maturité d’un auteur qui n’en était pourtant encore qu’à ses débuts littéraires. C’est l’apanage des grands romanciers que de ne signer que des chefs-d’œuvre…

Le Canada, l’Amérique : pourquoi partir, pourquoi fuir quand on a tout ce qu’il y a de désirable et de bon sur place, en Anjou ?
Faisant parler sa terre natale, l’Anjou, où l’intrigue de Ma tante Giron se déroule, René Bazin met en scène des maisons nobles enracinées dans leur province tout comme des familles paysannes pétries de vertus. Amour, honneur, qualités chevaleresques et ancienne : tout y est dans ce roman édifiant, qui plaira aux anciens aussi bien qu’aux plus jeunes.
L’air de la campagne angevine, de ses métairies et de ses gentilhommières, de ses chasses et de ses pêches, de ses vieilles familles humbles ou nanties, rafraîchira le lecteur au fil des pages. Le génie de l’écrivain rend la moindre scène palpitante, c’est toute la patte de René Bazin.

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Sortie de « Stéphanette », le premier roman de René Bazin

Stéphanette : les inconditionnels de René Bazin connaissent probablement ce nom, et ils seront ravis de voir enfin ce titre disponible.

Il s’agit tout bonnement du premier roman de l’académicien, que lui-même qualifia, lors d’une réédition, de « nouvelle », même si le présent ouvrage totalise malgré tout 158 pages !

Cette œuvre a d’abord été publiée sous pseudonyme (« Bernard Seigny »), sous la houlette de Mayol de Luppé, par le journal légitimiste finissant L’Union.

Voici ce que René Bazin en personne confiait au sujet de cette « première » :

Cette nouvelle est la première que j’ai écrite. Cela me reporte à quelque douze ans en arrière, à un certain déjeuner chez un ami, où M. de Mayol de Luppé, alors directeur de L’Union, me proposa, à moi intimidé, balbutiant et heureux, de m’ouvrir ses colonnes ».

J’écrivis, – avec quel amour et quel soin, mon vieux manuscrit, vous êtes là pour le dire ! – l’histoire de Stéphanette, qui n’était pas tout inventée par moi, loin de là. Hudoux a vécu ; j’ai vu dans mon enfance la rue de l’Aiguillerie, avec ses maisons anciennes, aux pignons pointus, aux façades décorées de croisillons de bois ; et les paysages que je peignais, je les avais sous les yeux : c’étaient nos chers noyers de la Buffeterie, plus touffus, plus gros, plus âgés que le logis lui-même, pas plus verts cependant ; car du lierre, des vignes vierges, des rosiers grimpants, je n’en ai jamais vu tant qu’autour de nos fenêtres. C’était aussi la campagne boisée, incroyablement déserte, silencieuse, enveloppée dans les replis des futaies de Pignerolles. Les chansons même je les avais entendues, et les récits de chouannerie qui m’avaient si souvent fait frissonner, quand mon grand-père les chantait ou les contait, lui dont le père s’était battu en ce temps-là.

Stéphanette parut signée d’un pseudonyme, naturellement. Ce fut le dernier feuilleton de L’Union, qui cessa de vivre en même temps que le prince dont elle servait la cause. Le dernier numéro du journal est, je crois, celui où la mention « fin » est mise au bas de « Stéphanette, par Bernard Seigny », et le contraste était grand, je m’en souviens, entre les articles de deuil dont il était rempli et ce dénouement d’une histoire d’amour si joyeux et si jeune.

René Bazin, préface de la première réédition